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Évaluation des niveaux en particules dans l’environnement de Yara France à Montoir-de-Bretagne, campagne 2023

  • Air extérieur

Dans la continuité de la surveillance à Montoir-de-Bretagne depuis octobre 2020, Air Pays de la Loire a étudié les concentrations en particules PM10, PM2.5 et PM1, et leur nature chimique dans l’environnement de YARA France sur l’année 2023. Les concentrations mesurées sur les stations de mesure de La Camée et du Plessis respectent les valeurs réglementaires. Cependant l’influence de YARA est visible par pointes horaires lorsque La Camée est spécifiquement sous les vents de la zone d’activité dont YARA fait partie.
A partir du 26 septembre 2023, les ateliers de production de YARA ont été mis à l’arrêt pour le reste de l’année. Sur cette période, aucune surconcentration en nitrate ou en ammonium n’a été enregistrée, contrastant avec les résultats des années précédentes lorsque l’usine était en fonctionnement nominal.

Contexte et objectifs

L’arrêté préfectoral n°2019/ICPE/359 du 18 décembre 2019 impose des prescriptions à la surveillance réglementaire de la pollution atmosphérique à la société Yara France sur son site de Montoir-de-Bretagne.
Le dispositif de mesure déployé en 2023 s’inscrit dans un historique de mesure initié depuis 2020 et qui comprend des mesures automatiques et permanentes de particules PM10 et PM2.5 sur l’intégralité de l’année, en incluant la spéciation du nitrate et de l’ammonium dans l’environnement de Yara. Depuis 2023, les mesures de PM1 s’ajoutent à ce dispositif.
Les objectifs de cette étude reposent sur deux axes :

  • Évaluer l’exposition de la population aux particules PM10, PM2.5, PM1, aux nitrates et à l’ammonium ;
  • Apprécier l’influence des émissions de Yara sur les concentrations relevées dans son environnement.

Moyens

Les zones de retombées maximales issues des émissions de Yara ont été identifiées par modélisation. Suite à cette étude, des appareils de mesures automatiques ont été installés sur le site de La Camé, zone d’habitation la plus proche de l’industrie Yara (1,5 km), et sur le site de Plessis, à Donges, zone d’habitation plus éloignée de Yara (4,1 km) mais plus régulièrement sous son influence du fait de sa localisation sous les vents dominants de sud-ouest.
La spéciation du nitrate et de l’ammonium a été effectuée par prélèvement sur filtres pour en déterminer les concentrations, et par jauge pour en évaluer les retombées atmosphériques totales, sur plusieurs sites situés entre 210 m et 4 100 m de l’établissement de Yara, et à Donges.

Résultats

Au regard de la réglementation française :

  • En 2023, la valeur limite pour les PM10 (40 μg/m3) et PM2.5 (25 μg/m3), et l’objectif de qualité annuels (respectivement 30 μg/m3 et 10 μg/m3) ont été respectés ;
  • Le seuil d’information pour les PM10 (50 μg/m3) a été dépassé le 6 septembre sur l’ensemble des sites étudiés, en lien avec l’influence d’un nuage de sable saharien.

Au regard des valeurs guides de l’OMS :

  • La valeur guide annuelle de l’OMS est atteinte pour les PM10 (15 μg/m3) sur le site de La Camé. Elle est dépassée pour les PM2.5 (5 μg/m3) sur l’ensemble des sites.
    La valeur guide journalière de l’OMS est dépassée sur le site de La Camé au cours de 5 journées pour les PM10 (45 μg/m3), et 46 journées pour les PM2.5 (15 μg/m3), en lien soit avec des épisodes hivernaux de particules, soit avec l’influence du nuage de sable saharien. Les autres sites de mesure du réseau de surveillance permanent sont également concernés par ce dépassement d’ampleur régionale à nationale.

L’ensemble des mesures mises en oeuvre a permis d’évaluer l’influence de la zone Yara :

  • À partir du 26 septembre 2023, les ateliers de production ont été mis à l’arrêt pour le reste de l’année 2023 ;
  • Les mesures de nitrate et d’ammonium particulaires au cours de cette période d’arrêt ne montrent aucune surconcentration sur le site de mesure exposé aux vents de l’établissement par rapport à un site non influencé. Ces résultats sont différents de ceux observés lors des études précédentes, où l’usine était en fonctionnement nominal toute l’année, et tendent à confirmer une influence de l’établissement sur le nitrate et l’ammonium lorsque ses ateliers de production sont en fonctionnement ;
  • Au cours de la période d’arrêt, les retombées d’ions nitrate et d’ammonium sont proches entre les 4 sites de mesure (respectivement comprises entre 0,1 et 3,1 mg/m²/jour pour l’ammonium et entre 0,8 et 1,8 mg/m²/jour pour le nitrate). Avant la période d’arrêt, le site de Millénis était le plus exposé avec des retombées moyennes de 11,2 mg/m²/jour pour l’ammonium (contre 3,1 pendant la période d’arrêt) et de 39 mg/m²/jour pour le nitrate (contre 1,8 pendant la période d’arrêt) ;
  • Sur les 124 heures où le site de La Camé est sous l’influence des activités la zone Yara (Sea Invest, EQIOM, Millénis, SAS CETRA granulats et le terminal charbonnier compris), une surconcentration en particules est mesurée sur ce site, dont la part attribuable aux activités de Yara peut être estimée à +1,2μg/m3 pour les PM10, et +1 μg/m3 pour les PM2.5 et les PM1 lorsque l’usine est en fonctionnement nominal. Les mesures de particules ne montrent pas d’influence de Yara sur le site de Plessis.

Perspectives

En 2024, l’arrêt des ateliers de production (tour prilling) devrait avoir une influence sur les polluants mesurés dans l’environnement de Yara, qui pourrait être quantifiée à l’avenir si le dispositif de mesure est maintenu.