Chaque individu respire en moyenne 15 000 litres d’air par jour (soit environ 20kg). Cet air contient des polluants qui peuvent avoir une incidence sur notre santé, les écosystèmes, le climat et le bâti.

Effets des polluants atmosphériques sur la santé
La qualité de l'air représente un enjeu sanitaire majeur. En effet, il s’agit du deuxième facteur de risque de maladies non transmissibles dans le monde selon l’OMS. Selon Santé publique France, environ 40 000 décès sont attribuables chaque année à une exposition chronique aux particules fines (PM2,5), et 7000 décès sont liés à une exposition au dioxyde d’azote ; ce qui représente respectivement 7% et 1% de la mortalité totale annuelle française. Une autre étude de Santé publique France, parue en janvier 2025, a montré qu’en Pays de la Loire, chaque année, il serait possible d’éviter jusqu’à 1400 nouveaux cas de maladies respiratoires chez l’enfant et jusqu’à 2600 nouveaux cas de maladies cardiovasculaires, métaboliques et respiratoires chez l’adulte si les niveaux de pollution de l’air respectaient les valeurs guides de l’OMS.
Qu'est-ce qu'un polluant ?
Les polluants sont des molécules présentes dans l’air qui peuvent représenter un danger pour la santé humaine et l’environnement. Ce « danger », c’est-à-dire la capacité qu’à la molécule à provoquer un dommage, dépend de ses propriétés physico-chimiques (charge, solubilité, taille…).
Parmi les polluants surveillés dans l’air, on retrouve :
• Les particules fines (PM2,5 et PM10) : elles sont capables de pénétrer profondément dans les poumons, voire d’atteindre la circulation sanguine (pour les particules ultrafines). Elles peuvent entraîner des inflammations chroniques, provoquant des maladies cardiovasculaires, des cancers et des troubles respiratoires.
• Le dioxyde d'azote (NO2) l’inhalation régulière de NO2 peut aggraver les maladies respiratoires, telles que l’asthme, et rendre les individus plus vulnérables aux infections respiratoires.
• L'ozone troposphérique (O3) : c’est un oxydant puissant qui irrite les voies respiratoires et réduit la capacité pulmonaire, surtout en période estivale.
• Le monoxyde de carbone (CO) : il réduit la capacité du sang à transporter l’oxygène. Une exposition aiguë peut entraîner des symptômes graves, allant de maux de tête à la perte de conscience, voire la mort.
• Le dioxyde de soufre (SO2) : il irrite les muqueuses respiratoires.
D’autres polluants, dont certains ne sont pas réglementés dans l’air (pesticides…), ont des effets sur la santé.
Les polluants atmosphériques sont susceptibles d’interagir entre eux, augmentant potentiellement leur toxicité. Par exemple, les particules fines peuvent transporter des métaux lourds ou des hydrocarbures.
Exposition aux polluants atmosphériques
Les polluants, bien que présentant une propriété intrinsèque de toxicité spécifique à la molécule considérée, doivent entrer en contact avec un organisme pour provoquer des dommages. Cette notion d’exposition est essentielle, elle désigne le contact direct ou indirect entre un individu et un polluant.
L'exposition à la pollution peut être aiguë ou chronique :
1. Exposition aiguë : une exposition brève à des concentrations élevées de polluants peut entraîner des effets immédiats, tels que des irritations des voies respiratoires, des crises d'asthme ou des maux de tête.
2. Exposition chronique : une exposition prolongée à de faibles niveaux de pollution, cumulée sur plusieurs années, peut entraîner des maladies cardiovasculaires, des cancers, des troubles respiratoires chroniques (BPCO...) et d’autres pathologies graves.
Pourquoi certaines populations sont-elles plus vulnérables ?
Certaines personnes présentent une plus grande susceptibilité aux effets délétères de la pollution atmosphérique. Ces individus font partie des populations vulnérables, ce sont notamment les enfants, les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques.
• Les enfants sont particulièrement sensibles en raison de systèmes de défense et de détoxification encore en développement. Leur respiration plus rapide les expose davantage aux polluants présents dans l’air. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’exposition à long terme aux polluants peut entraîner des retards dans le développement pulmonaire, un risque accru d’asthme et d’infections pulmonaires.
• Les personnes âgées ont des systèmes immunitaires affaiblis, et leurs organes respiratoires sont souvent déjà fragilisés par des pathologies chroniques (BPCO, insuffisance cardiaque, diabète). Cela les rend plus vulnérables aux effets de la pollution, qui peut aggraver leur condition et mener à des complications graves comme des infarctus ou des accidents vasculaires cérébraux.
• Les individus atteints de maladies chroniques, telles que l’asthme ou les maladies cardiovasculaires, sont également plus exposés. Les polluants exacerbent leurs symptômes, et l’inflammation systémique déjà présente dans leur organisme est amplifiée, augmentant les risques d’hospitalisation et de complications.
Des améliorations, mais des efforts à poursuivre
La qualité de l’air est réglementée en Europe, des seuils de concentrations atmosphériques pour certains polluants existent depuis plus de 20 ans. De nombreuses politiques publiques de réduction des émissions et des évolutions technologiques ont été mises en place depuis lors. Ces efforts ont porté leur fruit car l’Agence européenne pour l’environnement estime qu’entre 2005 et 2022, l’amélioration de la qualité de l’air en France a permis d’éviter 53% des décès liés à cette pollution.
Cependant, malgré ces progrès, des efforts supplémentaires sont nécessaires. En effet, les seuils réglementaires européens restent supérieurs aux recommandations de l'Organisation mondiale de la santé. Ces dernières, révisées en 2021, fixent des objectifs plus stricts, alignés sur les dernières connaissances scientifiques concernant l’impacts de certains polluants sur la santé humaine. On considère aujourd’hui que plus de 95% de la population des agglomérations françaises est exposée à des seuils de particules fines et d’ozone dépassant les nouvelles valeurs guides de l’OMS.
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