04/04/2025
- Émissions climat
Ce document présente les méthodologies et données utilisées dans BASEMIS®, inventaire sectoriel réalisé par Air Pays de la Loire. Il expose les différentes sources d’émissions considérées par secteur, les principales données d’entrées, des logigrammes présentant les principaux traitements et calculs, les principales évolutions méthodologiques entre les différentes versions, et un indice de fiabilité des résultats en fonction des différents secteurs et sous-secteurs. La prise en compte des années provisoires est également détaillée.
Contexte et objectifs
Les données de consommations d’énergie, émissions de gaz à effet de serre, émissions de polluants atmosphériques et production d’énergie renouvelable sont aujourd’hui incontournables pour l’élaboration des plans et programmes territoriaux : Plan climat-air-énergie territorial (PCAET), Plan local d’urbanisme (PLU), Plan de déplacement urbain (PDU), Plan de protection de l’atmosphère (PPA) Nantes - Saint-Nazaire, Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), etc.
Depuis 2010, Air Pays de la Loire réalise en ce sens l’inventaire régional BASEMIS®, utilisé et reconnu par une soixantaine d’acteurs dans la région Pays de la Loire. Cet inventaire est mis à jour tous les deux ans pour assurer le suivi des indicateurs climat-air-énergie tout en assurant une mise à jour des méthodologies et des données d’entrée correspondant à l’état de l’art, pour l’ensemble des années inventoriées.
Ce présent guide méthodologique accompagne la publication de la 8e mise à jour de BASEMIS® portant sur les années 2008 à 2022, ainsi que 2023 en version provisoire. Il a vocation à aider les utilisateurs des données dans la compréhension des mécanismes de calcul associés.
Méthodologie
Le principe général de l’inventaire BASEMIS® est de calculer les consommations d’énergie et émissions d’un territoire à partir de données d’activité. Ces données d’activité sont collectées auprès de différentes sources de données, en favorisant en priorité les données locales.
Figure 1 : méthodologie générale de calcul des consommations d'énergie et émissions utilisées dans BASEMIS®
Principales évolutions
Figure 2 : évolution des consommations d'énergie et émissions de gaz à effet de serre entre les différentes versions de BASEMIS®, tous secteurs confondus (format SECTEN)
Les principales évolutions de cette 8e mise à jour de BASEMIS® concernent :
- Le secteur résidentiel : modification du parc de logements, utilisation des derniers coefficients unitaires du CEREN 2020, modification de la consommation de bois énergie en lien avec les nouvelles données SDES revues en 2024 et l’enquête bois énergie ADEME, modification du parc d’équipements de consommation du bois énergie (CITEPA) et prise en compte des condensables dans les particules.
- Le secteur UTCATF : révision complète de la méthodologie en cohérence avec les travaux nationaux du CITEPA : prise en compte de la mortalité, des incendies, mise à jour de différents facteurs…
- Le secteur agricole – élevage : modification de la prise en compte des cheptels (caprins, équins, volailles, ovins et porcins) en lien avec les travaux nationaux inter AASQA : catégorisations des cheptels.
- Le transport routier : utilisation de la nouvelle méthodologie nationale PCIT3 en cours de validation auprès du ministère, de l’INERIS et du CITEPA, modification du parc roulant du CITEPA en intégrant le parc statique du SDES, mise à jour des facteurs d’émissions COPERT, intégration des dernières évolutions méthodologiques du CEREMA dans le modèle de trafic.
- Les réseaux de chaleur : intégration de données réelles issues d’Angers Loire Métropole et correction des rendements des installations consommant du bois énergie lorsque nécessaire.
- Les installations de méthanisation : prise en compte des dernières données TEO/AILE/DREAL.
- Le secteur tertiaire : prise en compte du fichier SIRENE de l’INSEE et intégration des nouveaux sites bois énergie tertiaires (source FIBOIS).
- Les autres transports – Maritime : correction de la base de données des phases des navires, correctifs sur les consommations d’énergie des navires en fonction de leur type.
- Le secteur du traitement des déchets – ISDND : homogénéisation de la méthodologie de prise en compte des tonnages et des compositions de déchets des ISDND et correction des estimatifs de biogaz torché et du biogaz valorisé.
- Pour la production d’énergie renouvelable : géolocalisation des mâts à la commune pour l’éolien terrestre, prise en compte de l’ensemble des sites géothermiques en région Pays de la Loire, intégration de l’éolien offshore.
Comme à chaque mise à jour de Basemis, l’utilisation de la dernière version de la méthodologie OMINEA du CITEPA et de la base carbone de l’ADEME engendre des modifications des facteurs d’émissions pour tous les secteurs et toutes les années.
À l’échelle régionale, l’ensemble de ces évolutions conduit à une variation de 5,5 % des consommations d’énergie de 2020 entre la version 7 et la version 8 de BASEMIS (essentiellement liée à la modification des consommations de bois énergie du secteur résidentiel) et -0,04 % sur les émissions de GES pour la même année. En moyenne, entre 2008 et 2020, les consommations d’énergie subissent une variation de 2,7 % et les émissions de GES une variation de -0,5 % entre la version 7 et la version 8 de BASEMIS.
NB : ces évolutions peuvent avoir un impact variable selon les échelles géographiques et les secteurs.
Fiabilité des résultats
Le tableau ci-dessous présente un aperçu qualitatif des incertitudes liées aux données et aux calculs effectués par secteur de l’inventaire BASEMIS®.
Figure 3 : niveau de fiabilité des résultats de BASEMIS® en fonction des secteurs
Ces niveaux d’incertitude concernent les résultats régionaux sectoriels en termes de consommations d’énergie, émissions de gaz à effet de serre (GES) et de l’évolution observée sur ces résultats (tendanciel).
Ces incertitudes peuvent varier en fonction des sous-secteurs, des combustibles, des années inventoriées et des échelles géographiques considérées.
L’incertitude sur les résultats dépend beaucoup de la finesse des données disponibles et de la connaissance des phénomènes émissifs. L’incertitude liée à des émissions énergétiques est par exemple faible, suite à une bonne connaissance des consommations d’énergie, des technologies utilisées et des facteurs d’émissions associés.
À contrario, les émissions non énergétiques liées par exemple à la fermentation entérique des animaux, l’épandage d’engrais et le stockage des déchets présentent des incertitudes plus élevées.
Il est cependant important de noter que les méthodologies de calcul sont homogènes entre les différentes années inventoriées, ce qui permet de considérer que l’incertitude sur l’évolution annuelle (tendanciel) est faible. Ainsi, même si l’incertitude peut s’avérer importante sur les résultats de certains secteurs, elle est bien plus modérée sur la tendance.
Les évolutions des résultats de BASEMIS® entre plusieurs années inventoriées peuvent donc être considérées comme fiables et constituent de bons indicateurs de suivi.