- Air extérieur
16/03/2026
Le projet CITRY, lancé en 2024, vise à renforcer les connaissances sur le rôle de la végétation urbaine dans la lutte contre les effets du changement climatique et de la pollution atmosphérique.
L’idée que les arbres améliorent la qualité de l’air est largement partagée. Elle repose sur des mécanismes bien réels : les feuilles captent certains polluants atmosphériques (ozone, particules, dioxyde d’azote), et la végétation absorbe du CO₂, contribuant à la lutte contre le changement climatique.
Cependant, les interactions entre végétation et qualité de l’air sont complexes et ambivalentes. Trois grands effets doivent être pris en compte :
- Le dépôt de polluants sur les feuilles, qui permet une certaine filtration de l’air
- La modification de la ventilation urbaine, qui peut piéger les polluants dans les rues étroites (effet dit « aérodynamique »)
- L’émission de composés organiques volatils (COV) et de pollens par les arbres, qui favorisent la formation d’ozone et de particules secondaires.

Dans ce contexte, Air Pays de la Loire a analysé les enseignements issus d’articles scientifiques publiés entre 2014 et 2024.
Les recherches montrent que l’effet purificateur des arbres reste limité en milieu urbain dense : à l’échelle d’une ville, la réduction de pollution due au dépôt foliaire est inférieure à 1 %, et à l’échelle de la rue, rarement supérieure à 2 ou 3 %.
En revanche, les effets négatifs peuvent être significatifs, notamment dans les rues « canyon » où les arbres réduisent la ventilation et augmentent la concentration de polluants de l’ordre de 10 à 30 %. Les émissions biogéniques entrainent une augmentation de + 1% à 2 % des concentrations en polluants soit un effet du même ordre de grandeur et opposé à l'effet du dépôt foliaire.
Des solutions ciblées existent : les haies végétales denses placées entre une route à fort trafic et des itinéraires piétons peuvent réduire localement l’exposition des piétons. Par ailleurs, le choix des espèces végétales (faibles émettrices de COV et de pollens) et l’implantation réfléchie des arbres sont des leviers importants.
Si les arbres jouent un rôle essentiel en ville pour le climat, le confort et la biodiversité, leur impact sur la qualité de l’air dépend fortement du contexte. Une approche au cas par cas et une meilleure intégration des enjeux de pollution dans la gestion du végétal urbain sont aujourd’hui indispensables.