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Évaluation de la pollution particulaire en lien avec le recours au chauffage au bois résidentiel individuel

  • Air extérieur

À la demande de GRDF, Air Pays de la Loire a mené une étude afin d'évaluer la pollution particulaire (PM10, PM2.5, PM1, carbone suie et particules ultrafines) liée au recours au chauffage individuel au bois. 
Un cadastre des émissions de particules fines PM2.5 a été réalisé, permettant de localiser un site de mesure périurbain influencé par le chauffage individuel au bois et un second site en milieu urbain peu influencé. Puis un suivi des particules a été mis en œuvre en continu sur ces deux sites, en période hivernale. Les résultats confirment l’influence de la combustion de biomasse, et en particulier du chauffage individuel au bois sur les concentrations atmosphériques en particules. Cette influence se traduit par une augmentation, notamment en soirée et les jours froids, à des niveaux significativement plus élevés sur le site périurbain.

Contexte

Compte tenu de l’impact sanitaire de la pollution de l’air, GRDF cherche à identifier et à promouvoir à l’échelle locale, un mix énergétique permettant de minimiser l’impact sur la qualité de l’air, tout en garantissant un niveau important d’énergies renouvelables. Ainsi, GRDF a initié un projet de recherche portant sur les émissions urbaines, dont l’objectif est d’identifier les principales émissions à l’échelle d’une ville. En particulier au Mans, où l’objectif est de quantifier les émissions de méthane du réseau de distribution.
C’est dans ce contexte que GRDF a sollicité Air Pays de la Loire afin de mener une étude sur le territoire du Mans, portant sur les émissions des différents modes de chauffage, et notamment le chauffage individuel au bois, particulièrement émetteur de particules fines PM2.5. En effet, le bois-énergie constitue aujourd’hui la première source régionale d’émissions de particules fines PM2.5, à hauteur de 63 % des émissions régionales, dont 61 % proviennent du chauffage individuel au bois, lequel représente ainsi 97 % des émissions de PM2.5 de cette filière (données 2022 – BASEMIS® V8).


Objectifs

L’objectif de l’étude est d’évaluer l’influence des émissions particulaires liées au chauffage domestique au bois sur la qualité de l’air respirée par les riverains.

Moyens

L’étude a été menée en deux volets :

  1. La réalisation d’un cadastre des émissions de particules PM2.5 sur le territoire du Mans Métropole. Ce cadastre a permis d’identifier deux zones d’intérêt. Une première zone où les émissions de particules PM2.5 proviennent principalement du chauffage individuel au bois : le site périurbain de Trangé. Et une seconde zone peu influencée par le chauffage au bois : le site urbain des Sablons.
  2. Le suivi en continu des concentrations atmosphériques en particules (PM10, PM2.5, PM1, carbone suie, et particules ultrafines), simultanément sur les deux sites identifiés par le cadastre des émissions.


Résultats

Le suivi simultané des concentrations en PM10, PM2.5, PM1, carbone suie et particules ultrafines sur les sites de Trangé et des Sablons, réalisé entre le 15/01/2026 et le 03/03/2026 a montré :

  • Des niveaux en PM10 moyens et médians approximativement 10 % plus élevés à Trangé, sur l’ensemble de la période, et en particulier en soirée avec des niveaux moyens 26 % plus élevés entre 18h et minuit, et un maximum de +42 % à 19h.
  • Des niveaux en PM2.5 moyens et médians approximativement 20 % plus élevés à Trangé, sur l’ensemble de la période, et en particulier en soirée avec des niveaux moyens 46 % plus élevés entre 18h et minuit, et un maximum de +77 % à 19h.
  • Des niveaux en PM1 moyens et médians approximativement 30 % plus élevés à Trangé, sur l’ensemble de la période, et en particulier en soirée avec des niveaux moyens 63 % plus élevés entre 18h et minuit, et un maximum de +110 % à 19h.

En particulier sur les journées les plus froides, où le recours au chauffage a été plus fort, il a été constaté :

  • Des niveaux moyens de PM10, 20 % plus élevés sur le site de Trangé par rapport aux Sablons, des niveaux médians similaires, et des niveaux de pointe (percentile 98) 50 % plus élevés.
  • Des niveaux moyens de PM2.5, 24 % plus élevés sur le site de Trangé par rapport aux Sablons, des niveaux médians 14 % plus élevés, et des niveaux de pointe (percentile 98) 42 % plus élevés.
  • Des niveaux moyens de PM1, 30 % plus élevés sur le site de Trangé par rapport aux Sablons, des niveaux médians 37 % plus élevés, et des niveaux de pointe (percentile 98) 41 % plus élevés.
  • Des concentrations moyennes et médianes en particules ultrafines près de respectivement 50 % et 60 % plus élevées sur le site de Trangé par rapport au site des Sablons.
  • Une élévation des concentrations en particules ultrafines entre 50 nm et 200 nm, et un nombre le plus élevé près des 90 nm lors des journées les plus froides.
  • Une corrélation entre concentrations en carbone suie lié à la combustion de biomasse et concentrations en PM10, PM2.5, PM1 et particules ultrafines entre approximativement 50 et 200 nm.
  • Une corrélation entre carbone suie issu de la combustion d’hydrocarbures fossiles et concentrations en particules ultrafines de diamètres inférieurs à approximativement 40 nm.
  • Une absence de corrélation entre concentrations de carbone suie issu de la combustion d’hydrocarbures fossiles et concentrations en PM10, PM2.5 et PM1.

Conclusions et perspectives

Finalement, l’ensemble de ces résultats confirme l’influence de la combustion de biomasse, et en particulier du chauffage individuel au bois sur les concentrations atmosphériques en particules PM10, PM2.5, PM1, carbone suie et particules ultrafines (comprises entre 50 et 200 nm, avec un maximum autour des 90 nm). Ces observations sont cohérentes avec celles rapportées dans des études similaires menées notamment en Île-de-France et en Allemagne. 
Cette influence se traduit par une augmentation des concentrations en particules, notamment en soirée, à des niveaux significativement plus élevés sur le site périurbain de Trangé que sur le site urbain des Sablons, malgré des conditions météorologiques peu favorables au recours au chauffage (températures particulièrement douces pour la saison) et favorables au lessivage des particules (pluviométrie particulièrement élevée en février).