28/09/2026
- Air extérieur
Cette campagne, réalisée en 2026, vise à évaluer l'influence de la chaufferie sur la qualité de l'air, et vient en complément de celle réalisée avant mise en service.
Les résultats montrent des concentrations en particules PM10 et PM2.5 plus élevées qu'en milieu urbain lorsque les vents provenaient de l'agglomération de Nantes.
De même, les concentrations en NO2 sont plus élevées qu'en milieu de fond par vents de nord-est, en lien avec une exposition au trafic routier lié à l'agglomération nantaise. Les mesures de carbone suie issu de la combustion d'hydrocarbures fossiles confirment ces résultats.
Les mesures de particules ultrafines indiquent une influence du trafic aérien de l’aéroport de Nantes Atlantique par vents de sud-ouest (particules de diamètre inférieur à 30 nm), et une influence de l'agglomération de Nantes par vents de nord-est (diamètre compris entre 50 et 430 nm).
Aucune influence significative des émissions de la chaufferie biomasse d'Airbus-Atlantic n'a été détectée sur les concentrations en PM10, PM2.5, NO2, carbone suie et particules ultrafines.
Les mesures sont représentatives d’un milieu urbain, influencé par les émissions de l’agglomération nantaise et du trafic aérien pour les particules ultrafines.
Contexte et objectif
Dans son objectif de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre sur son site de Bouguenais, Airbus Atlantic a construit une nouvelle chaufferie biomasse en remplacement de chaudières gaz. Cette chaufferie biomasse, mise en service début 2026, est composée de deux chaudières de 2 et 6 MW, permettant de répondre aux besoins de chaleur du site (process industriels, chauffage des locaux et eau chaude sanitaire).
Afin de répondre aux éventuelles questions des salariés du site et des riverains, Airbus Atlantic a sollicité Air Pays de la Loire afin de réaliser une étude de la qualité de l’air, dont les objectifs sont :
- évaluer la qualité de l’air respiré par les salariés du site.
- évaluer l’influence des émissions de la chaufferie sur la qualité de l’air.
Moyens
Une première campagne de mesure1 a été déployée du 20 février au 1er avril 2025 au niveau de la zone de retombées maximales identifiée par une étude de modélisation préliminaire, pour y mesurer les concentrations de particules PM10 et PM2.5, de dioxyde d’azote NO2, de particules ultrafines PUF et la part estimée de carbone suie issu de combustion biomasse. Cette première campagne a permis de réaliser un état des lieux de la qualité de l’air, avant mise en route de la chaufferie biomasse.
Une seconde campagne de mesure a été menée du 4 mars au 5 mai 2026 selon le même dispositif, une fois la chaufferie en fonctionnement, dans l’objectif d’évaluer son influence sur la qualité de l’air respiré par les salariés du site de Bouguenais. Ce rapport présente les résultats de cette seconde campagne de mesure.
Résultats
Les résultats de cette seconde campagne montrent :
- Des niveaux en PM10 et PM2.5 respectivement 7 % et 12 % plus élevés qu’en milieu urbain au cimetière de la Bouteillerie de Nantes, et notamment par vents de nord-est (~30°N) en lien avec la présence de l’agglomération de Nantes.
- Des niveaux de NO2 plus élevés qu’en milieu urbain au cimetière de la Bouteillerie de Nantes (+25 %) mais proches de la station urbaine des Couëts, en lien avec une exposition au trafic routier issu de l’agglomération de Nantes par vents de nord-est (~40°N).
- Des concentrations en carbone suie issu de la combustion d’hydrocarbures fossiles plus élevées par vents de nord-est (~40°N), confirmant l’influence du trafic routier dans ces directions.
- Des concentrations en particules ultrafines de diamètres inférieurs à 30 nm influencées par le trafic aérien par vents de sud-ouest, qui placent le site de mesure sous les vents de la piste, ainsi que par l’agglomération de Nantes, par vents de nord-est, pour des diamètres entre 50 et 430 nm.
- Aucune influence significative des émissions de la chaufferie biomasse sur les concentrations en PM10, PM2.5, NO2, carbone suie et particules ultrafines.
Aucun dépassement des valeurs réglementaires n’a été constaté lors de la campagne. Toutefois :
- Un dépassement de la valeur guide de l’OMS des PM10 (45 µg/m3 en moyenne journalière, à ne pas dépasser plus de 3 à 4 jours par an) n’est pas à exclure compte tenu du dépassement de cette valeur sur certaines stations urbaines de Nantes les années passées.
- Un dépassement de la valeur guide de l’OMS pour les PM2.5 de 15 µg/m3 en moyenne journalière à ne pas dépasser plus de 3 à 4 jours par an a été constaté durant la campagne. Le dépassement de la valeur guide de l’OMS de 5 µg/m3 en moyenne annuelle est très probable étant donné que celle-ci est dépassée sur l’ensemble des stations dans les Pays de la Loire.
- Un dépassement de la valeur guide de l’OMS pour le NO2 de 25 µg/m3 en moyenne journalière, à ne pas dépasser plus de 3 à 4 jours par an, n’est pas à exclure, compte tenu des niveaux enregistrés lors de la campagne, et du dépassement de cette valeur guide sur certaines stations urbaines nantaises les années passées. Un dépassement de la valeur guide annuelle de l’OMS (10 µg/m3 en moyenne annuelle) n’est également pas à exclure pour les mêmes raisons.
Les concentrations enregistrées à Airbus sont représentatives d’un milieu urbain, influencé par les émissions de l’agglomération nantaise par vents de nord-est, et du trafic aérien pour les particules ultrafines par vents de sud-ouest.
Les niveaux enregistrés vis-à-vis de la réglementation en vigueur sont résumés dans le tableau ci-dessous :

*Le dépassement de la valeur guide journalière de l’OMS pour les PM2.5 (8 jours de dépassement des 15 µg/m3 en moyenne journalière) s’inscrit dans deux épisodes nationaux de hausses des particules fines en lien avec une remontée de sable du Sahara conjuguée aux émissions locales de PM2.5, suivie d’une seconde période anticyclonique favorable à la stagnation des polluants.